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scintillementduneplume

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à sang

à sang

à sang

Car la miséricorde possède un coeur humain
La pitié, un visage humain
et l'amour, la forme humaine du divin,
et la paix, le vêtement humain. 
La cruauté possède un coeur humain, 
et la jalousie, un visage humain, 
la terreur, la forme humaine du divin
et le secret, le vêtement humain. 
Le vêtement humain est un métal forgé, 
la forme humaine, une forge embrasée, 
le visage humain, une fournaise scellée, 
le coeur humain, sa gorge affamée.

W.Blake

à sang

Hier, je suis arrivée, bandée, des traces de sang séché semblaient transpercer mon corps.

J'étais écartelée, et brisée, ensanglantée, je marchais dans l'allée qui me paraissait lointaine et désenchantée. Les regards morts et fades, crevés, des gens autour de mon corps desséché regardaient ces marques désabusés et submergés.

J'avais envie en voyant quelques taches de sang dans l'évier, de me laisser aller, la veille, je pleurais submergée par la douleur et la paix de mon âme abandonnée. Soudain, j'eus envie de continuer en voyant ces gouttes de sang couler de mon bras.

Cette soudaine envie me parut forte et me laissant m'abandonner, je compris qu'il était trop tard. Que ma vie n'était qu'une marque sanglante, que ma vie n'était qu'inexistante. Face à face avec moi-même, face à cette marre rouge, j'eus soudain très peur.

Je levais la tête vers le miroir, et vis cette fille criarde me dévisager, elle me regardait dans les yeux et scrutait mon âme, elle avait le visage taché de cette texture empoisonnée. Je crus un instant perdre conscience, mais ma main se leva, s'abattant sur moi.

Je compris qu'il était trop tard.

J'admirais ces visages fanés, qui me regardaient recroquevillés dans leurs pensées. J'étais émerveillée de voir à quel point ils étaient insignifiants, qu'ils ne comptaient plus.

Parce qu'au fond de moi je criais, à l'aide, personne ne me rejoignait.

J'étais seule au milieu de l'allée, mon corps tailladé, ne regardait que lui.

Lui, cet homme blanc. Il me tendait la main et ne compris pas tout de suite, mais je vis cette lumière blanche s'avancer.

Il me conduisait vers les portes d'or de l'avenir.

Estela